
LUIGI LA FERLA
Parcours

Originaire de Sicile, Luigi commence très jeune une formation en sculpture classique, de 14 à 19 ans. Diplômé, il voyage pour explorer l’Italie : Florence d’abord, où il se tourne vers la peinture faute de matériaux pour sculpter, puis Ravenne, ville célèbre pour ses mosaïques byzantines. Le choc est immédiat. Il découvre la richesse de cet art ancestral et décide d’en faire sa voie. Il poursuit sa formation à Spilimbergo, capitale de la mosaïque.
Pour lui, la mosaïque est un art total, qui fusionne sculpture et peinture. Arrivé à Paris, il co-fonde un collectif de mosaïstes et intègre le 59 Rivoli, où il continue de développer un langage artistique singulier.
Pratique ARTISTIQUE


Luigi revisite la tradition de la mosaïque – de l’art gréco-romain à l’art nouveau – en y injectant une dimension contemporaine et conceptuelle. Il travaille la pâte de verre (comme dans la mosaïque byzantine), et s’inspire de courants comme l’Arte Povera ou l’art conceptuel romain des années 1970.
Sa démarche explore la notion de temps : ses œuvres lentes à produire traduisent l’entropie, le désordre et la transformation. Chaque petit morceau de mosaïque semble aléatoire mais répond à un ordre précis. Il y incorpore des symboles de notre époque – formules scientifiques, logos contemporains comme Google ou Facebook – pour faire de la mosaïque un témoignage culturel actuel, à l’image de sa fonction originelle dans l’Antiquité. Son travail évolue sans cesse. À ses débuts au 59 Rivoli, il réalisait des portraits figuratifs. Aujourd’hui, il s’oriente vers une abstraction plus libre, donnant une nouvelle autonomie au médium mosaïque.
Luigi utilise la « martellina« , un marteau en forme de demi-lune datant de l’époque gréco-romaine. Il la manie comme un pinceau, découpant la matière avec précision, plutôt que de la briser. Il travaille ses mosaïques sur une bûche en bois… à l’ancienne.



Luigi ET Le 59 Rivoli
Lieu d’inspiration inépuisable, Luigi puise dans la richesse des artistes et des pratiques qui l’entourent. Pour lui, être artiste, c’est avant tout rester curieux et attentif au monde. Il garde l’œil en alerte, toujours prêt à capter un détail, une atmosphère, une émotion.
Cette capacité d’observation nourrit en permanence son imaginaire. Rien n’est figé dans sa démarche : il transforme, détourne, réinvente. Le collectif occupe une place essentielle dans sa pratique. C’est en échangeant avec d’autres qu’il renouvelle ses idées et élargit ses horizons. Chaque rencontre devient ainsi une opportunité de création et de métamorphose.
